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20.11.2006

Journée internationale des droits de l'enfant

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KITEJ GRAD symbole d'espoir



Alexandra, jeune bénévole de l'association Saint-Ioassaff nous raconte les six premiers mois de son année avec les enfants malades de l'hôpital pédiatrique n°3 de Saint-Pétersbourg.



Bonjour,

Je vous écris pour la troisième fois, à vous qui avez répondu avec bonté et le cœur ouvert à la douleur et aux souffrances des enfants vivant en Russie.
L’année écoulée m’a apporté son lot d’évènements mémorables. J’ai suivi des cours pour entrer à l’université, puis cet été j’ai passé les examens. J’ai échoué mais je ne suis pas effondrée, mes meilleurs souvenirs de cette année passée sont liés au travail à l’hôpital pour enfants.


La ville de Saint-Pétersbourg est devenue ma ville, j'y suis venue de Volgograd pour me soigner .

Le service de tuberculose où j’ai été soignée et où je suis maintenant bénévole ne désemplit pas. La plupart des enfants tuberculeux viennent des orphelinats ou de familles pauvres malgré quelques exceptions.

Dans le service de toxicologie aussi il y a quelques enfants de familles riches, certains sont même allés à l’étranger, ceux là se droguent à l’héroïne. L’immense majorité des enfants vient pourtant de la rue, ils habitent les caves et sous les porches des immeubles. Ils boivent et respirent toutes sortes de saletés. Ils n’ont pas d’argent pour l’héroïne, alors ils se piquent avec des seringues sales, des décoctions de médicaments vendus sans ordonnance. Ils deviennent séropositifs. Je regarde avec une immense pitié ces enfants privés d’enfance.

Quand je visite les enfants abandonnés hospitalisés ici, je me heurte à une première réaction de totale indifférence de leur part.

Il faut leur parler, les entraîner dans le jeu et les chanson pour que leur regard s’allume d’une flamme d’intérêt. Après ils me demandent de revenir, et viennent d’eux-mêmes dans notre club.

Ah oui, j’ai oublié de vous raconter, nous avons ouvert cette année, grâce à votre aide, un club pour ces enfants on l’a appelé : « La ville de Kitej »
Il existe une ancienne légende russe sur cette ville de Kitej, qui se dressait sur les rives du lac Svetloiar. Quand les envahisseurs tatraro-mongols s’en approchèrent, elle s’enfonça dans le lac avec tous ses habitants. Les envahisseurs ne purent la prendre, ils pouvaient juste entendre le son des cloches sonnant au fond de l’eau. La légende dit qu’il reste un chemin qui mène à la ville engloutie et que seul les âmes pures peuvent le trouver.


Les enfants abandonnés sont comme des voyageurs qui cherchent un refuge lumineux, leur ville de Kitej. Nous voulons que notre club soit pour eux comme cette ville.
J’ai participé comme bénévole à l’aménagement du club. Jamais je n’aurai pensé quand j’étais alitée et malade dans cet hôpital, qu’un jour je ferai de la peinture et que je gâcherai du plâtre!

Malgré les travaux au club, nous avons continué à visiter les autres services. Je me souviens de la visite du père Constantin chez les enfants tuberculeux. Les enfants ont entouré le prêtre, ils l’écoutaient avec attention. Le père Constantin essayait de choisir des mots simples, accessibles aux plus petits. Après la communion, certains enfants discutaient ou racontaient leurs histoires d’enfants au prêtre.
La petite fille Lioubotchka reçu elle aussi la communion. Elle était arrivée à l’hôpital âgée seulement de deux mois. Elle était née prématurée, sa mère était toxicomane et souffrait de tuberculose. Sa mère l’a abandonné à la maternité, et Lioubotchka s’est retrouvée dans notre hôpital avec une forme grave de tuberculose de l’oreille. Elle était à l’agonie, les infirmières l’ont veillée jour et nuit et elle fut sauvée.

Cet été on m’a demandé d’aller me promener dans la rue avec elle. C’était ses premiers pas, elle ne connaissait de la vie que son lit et sa chambre d’hôpital. Parmi les réserves d’aide humanitaire, on a trouvé des petites sandales à sa taille. La promenade était pour elle un véritable voyage. Elle n’était pas habituée à sourire et regardait le monde s’ouvrant à ses yeux avec un regard sévère et évaluateur.
Nous essayons aussi de sortir les enfants des murs de leurs services. Le week-end nous sortons en ville, les enfant sont déjà vu le delphinarium et l’aquarium géant, il sont visité une exposition de chevaux et de figures en sable. Nous avons vogué sur la Néva, nous sommes allés au musée, au cirque, au théâtre.
Merci à vous, merci de votre aide désinteressée et si utile à nos enfants.
Alexandra, bénévole à l’association Saint Ioassaff à l’hôpital pédiatrique n°3 de Saint-Pétersbourg.

Vous pouvez retrouver les différentes initiatives de l'ACER-RUSSIE dans son bulletin trimestriel.
Demandez un exemplaire gratuit au 01 42 50 53 46 ou à courrier@acer-russie.org