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16.01.2008

Les filles de personne (2)

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Poste de police à Moscou dans les années 90
Photo G.Pinkhassov

"Les filles de personne" (début de l'article ici)
Zoia Svetova (journaliste indépendante Moscou).




L’instruction, le procès.


« - Un avocat t’a défendue ?
-Comme ça…, elle a dit deux trois mots… » (Oksanna F.)

Selon la loi tous les interrogatoires de mineurs doivent se dérouler en présence des parents ou des tuteurs. Toutes les procédures doivent obligatoirement se dérouler en présence d’un avocat.
Selon le témoignage des jeunes filles , elles se retrouvent souvent seules face aux enquêteurs et à la police. Leur droit à la défense est bafoué, elles ne peuvent contester car elles ne connaissent pas leurs droits.
Ces filles n’ont personne pour les défendre, souvent les parents apprennent que leur fille est derrière les barreaux avec beaucoup de retard.

Vika D., âgée de 14 ans raconte son arrestation :
-« La police est arrivée, ils m’ont mis les menottes. Ils m’ont frappée, puis ont réclamé que je signe des aveux. J’ai dis que je n’écrirai pas, alors ils m’ont frappé avec une bouteille en plastique. Sur le corps je n’avais aucun bleu mais à l’intérieur c’est comme si j’étais passée dans un hachoir à viande. Pendant cet interrogatoire mes parents n’étaient pas là, il n’y avait pas d’avocat non plus. Ensuite il y eut d’autres interrogatoires, parfois avec maman, parfois avec un avocat, on ne me frappait plus pendant ces interrogatoires »
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Camp de Novooskol.


Les parents de Tania G n’ont pas voulu venir au procès, bien que leur présence aurait pu éviter
la prison à leur fille.
-« Mon avocate me le disait tout le temps, elle venait souvent me voir en prison pour transmettre des lettres. Elle avait dit à mes parents que s’ils viennent au procès et se portent garant de moi je serai libérée. Mais ils ne sont pas venu ».

Après l’enquête, c’est le centre de détention provisoire. Les mineures se retrouvent enfermées avec des criminelles adultes. Elle sont nourries avec une soupe « à la surface de laquelle flottent des asticots » selon le témoignage d’une détenue. Arrive enfin le jour du procès. Là, en général, la détenue qui était déjà sous le coup d’une condamnation avec sursis pour un délit antérieur, est condamnée à la prison.

Il n’existe pas de justice des
mineurs en Russie. Il n’y a pas de juges pour mineurs. Les juges ne cherchent pas à comprendre la psychologie des mineures. Ils ne font pas de différence avec les adultes. Certaines adolescentes se souvenant de leur procès remarquent qu’elles « ne comprenaient pas ce qui se passe et ne réalisaient la durée de la peine que durant la route vers le camp »
Il arrive que des juges envoient des mineurs en prison pour deux ans pour un vol dont la valeur ne dépasse pas 500 roubles. (moins de 15 euros)

Voilà qu’après une enfance malheureuse, l’arrestation, le procès et la détention provisoire, le camp pour mineurs n’est pas forcément le pire souvenir de leur vie.